Intérimaire et indépendant à titre complémentaire : est-ce possible ?

Nombre d’intérimaires rêvent de démarrer une activité d’indépendant. D’autres souhaitent simplement arrondir leurs fins de mois. Malheureusement, une certaine confusion règne encore autour de la combinaison intérimaire et indépendant à titre complémentaire. Tous les intérimaires n’osent dès lors pas franchir le pas. Dans cet article, nous clarifions les choses et vous présentons les conditions et quelques exemples concrets.


Tout d’abord, précisons ceci. L’intérim n’est peut-être pas la situation de carrière rêvée, mais il comporte également des avantages. Comme l’activité à titre complémentaire. Exercer ou préparer votre activité d’indépendant vous permet de compenser l’incertitude professionnelle suscitée par les contrats hebdomadaires ou journaliers. Profitez de vos temps libres pour peaufiner votre plan d’affaires, pour discuter avec un comptable, et pour mettre en place votre marketing (comme votre site Web et vos médias sociaux).



Deux conditions concrètes

La règle de base de l’activité à titre complémentaire ? Vous devez au moins être sous contrat à mi-temps. Il en va de même pour les intérimaires : vous devez pouvoir démontrer que vous avez travaillé 235 heures en un trimestre et cela au minimum à mi-temps en tant que salarié. Veillez donc à bien conserver vos contrats et vos fiches de paie ! Le premier et le dernier jour du trimestre sont également importants : veillez à ce que vous travaillez au moins à mi-temps ces jours là.

Mais attention, il y a un hic. Selon la loi, vous devez également travailler en tant que salarié le premier jour de votre activité à titre principal. Il est préférable de vous inscrire pendant une journée de travail ou lorsque vous êtes certain(e) à l’avance du moment où vous travaillerez sous contrat temporaire.



Que se passe-t-il si vous ne répondez pas aux conditions ?

Vous devenez alors automatiquement indépendant à titre principal. Cela peut arriver sans problème lorsque vous êtes encore intérimaire. Vous ne « choisissez » dès lors pas entre activité à titre principal et activité à titre complémentaire, le nombre d’heures réellement effectuées en tant que salarié détermine votre statut. Seul inconvénient, à titre principal, vous payez toujours des cotisations sociales minimales de 731,33 euros par trimestre, peu importe (ou si faibles soient) vos revenus.

Découvrez la différence en matière de cotisations sociales entre activité à titre principal et activité à titre complémentaire.

Exemple : activité à titre principal ou à titre complémentaire ?

Tom travaille régulièrement via un bureau d’intérims depuis longtemps. Si le travail n’est pas suffisant, il reste chez lui. Comme Tom est passionné par la peinture en bâtiment, il souhaiterait en faire son activité à titre complémentaire. Une connaissance lui a demandé de repeindre son habitation.

Tom s’est inscrit en tant qu’indépendant le 5 juillet, le jour de la première commande de son activité à titre complémentaire. Toutefois, son prochain contrat d’intérim (à temps partiel) ne commençait que le 12 juillet. Voilà pourquoi il est considéré comme indépendant à titre principal pour le trimestre allant de juillet à septembre. Au cours de cette période, il a néanmoins continué à travailler en tant qu’intérimaire.



D’abord l’activité à titre complémentaire, puis l’intérim, est-ce possible ?

Tout à fait. Si par malheur vous perdiez votre travail fixe, vous pouvez conserver votre activité à titre complémentaire, puis travailler comme intérimaire. La même condition s’applique : vous devez travailler au minimum 235 heures par trimestre.

Exemple : licenciement et préavis

Julie, webdesigner à titre complémentaire, est licenciée le 10 mai. Comme elle a travaillé longtemps pour la même entreprise, elle bénéficie d’indemnités de licenciement jusqu’au 31 décembre. Elle peut conserver son activité à titre complémentaire sans aucun problème. Ces indemnités seront assimilées à un salaire fixe pendant environ 7 mois, période où Julie perçoit ses indemnités.

Si Julie n’a toujours pas d’emploi fixe après son préavis, plusieurs options s’offrent à elle :/p>

  • Conserver son activité à titre complémentaire et travailler comme intérimaire (minimum 235 heures par trimestre)
  • Combiner un allocation à une activité à titre complémentaire (sous certaines conditions).
  • Suivre une trajectoire starter (via le VDAB) pour devenir indépendante à titre principal.