Si vous voulez rentrer plus en détails, nous allons les passer en revue ci-dessous, catégorie par catégorie, avec des exemples et les points sur lesquels vous devez prêter attention.
Les cotisations sociales
En tant qu’indépendant, vos cotisations sociales ne sont pas une option : elles financent votre protection sociale (pension, assurance maladie-invalidité…). La bonne nouvelle, c’est qu’elles sont déductibles à 100 % de vos revenus imposables. Si vous payez 900 € de cotisations par trimestre, l’intégralité de ce montant est déduite lors du calcul de vos impôts.
Évidemment, comme tout avantage fiscal, les cotisations sociales ne dérogent pas à la règle et doivent remplir certaines conditions : elles doivent être versées à une caisse d’assurances sociales agréée comme Xerius et les paiements doivent être effectués dans les délais légaux. Cela signifie, pour être considérées comme frais déductibles dans l’année fiscale en cours, les cotisations doivent avoir été payées avant la fin de cette année et selon l’échéancier prévu par votre caisse.
En pratique, les cotisations provisoires trimestrielles ont une date limite (par ex. 31 mars, 30 juin, 30 septembre, 31 décembre). Si vous payez en retard, elles restent déductibles… mais uniquement l’année où vous les payez, pas celle à laquelle elles se rapportaient.
Vous oubliez de payer votre cotisation du 4ᵉ trimestre 2024 et vous la réglez finalement en février 2025. Vous ne pourrez pas la déduire dans votre déclaration de revenus 2024. Elle sera déduite uniquement dans celle de 2025.
Les assurances professionnelles
Personne ne prévoit un accident, un litige ou une incapacité de travail prolongée. Pourtant, le risque existe, et c’est là qu’interviennent les assurances professionnelles. Bonne nouvelle : lorsqu’elles couvrent uniquement votre activité, elles sont déductibles à 100 %. Une prime annuelle de 450 € pour votre RC professionnelle est, par exemple, entièrement déductible.
La responsabilité civile professionnelle, par exemple, vous protège si vous causez un dommage à un client ou à un tiers. L’assurance revenu garanti vous assure un revenu si une maladie ou un accident vous empêche de travailler.
Vous pouvez aussi souscrire une protection juridique professionnelle, qui prend en charge vos frais en cas de litige lié à votre activité. Un client conteste la facture d’un projet terminé, estimant que le travail ne correspond pas au devis. Vous devez alors faire appel à un avocat pour défendre votre position. Avec une protection juridique professionnelle, vos frais d’avocat et de procédure peuvent être pris en charge par l’assurance.
Ces assurances doivent répondre à certaines conditions : le contrat doit couvrir exclusivement un risque professionnel et la prime doit être effectivement payée durant l’année fiscale concernée. En cas de contrôle, l’attestation ou la facture annuelle fournie par votre assureur fera office de justificatif.
Le matériel et les équipements liés à votre profession
Ordinateur, outils, imprimante, four à pain, levain… tout ce dont vous avez besoin pour exercer votre activité qui entre dans cette catégorie. S’ils sont achetés exclusivement pour un usage professionnel, ces biens sont bien sûr déductibles à 100 %.
La règle est simple : plus le bien est cher et durable, plus il est probable qu’il doive être amorti sur plusieurs années plutôt que déduit en une seule fois. Par exemple, un ordinateur à 2 000 € sera amorti sur trois ans, tandis qu’un couteau de cuisine acheté 50 € pourra être déduit directement l’année de son achat.
Pour bénéficier de la déduction intégrale, il faut que l’achat ait un lien direct avec votre activité et qu’il ne soit pas utilisé à titre privé. Une facture au nom de votre entreprise ou à votre nom avec mention de votre numéro d’entreprise fera office de justificatif.
Fournitures de bureau et petit matériel
Stylos, carnets, cartouches d’encre, timbres, clés USB, câbles… toutes ces petites dépenses du quotidien s’additionnent vite. La bonne nouvelle, c’est qu’elles sont déductibles à 100 % si elles sont destinées à un usage strictement professionnel.
Ces achats peuvent être ponctuels ou réguliers, mais doivent toujours répondre aux critères fiscaux : lien direct avec l’activité, usage pro et justificatif en bonne et due forme. Les tickets de caisse sont acceptés, mais une facture au nom de votre entreprise est préférable, surtout si le montant est élevé ou si vous déduisez également la TVA.
Exemple : un consultant qui achète un lot de classeurs pour archiver ses documents clients peut déduire l’intégralité de la dépense.
Exemple qui ne fonctionne pas : acheter des fournitures scolaires pour vos enfants et les passer en frais professionnels.
Les frais de formation professionnelle
Se former tout au long de sa carrière est un investissement… et en Belgique, c’est aussi une dépense déductible à 100 % si la formation a un lien direct avec votre activité. Cela peut concerner aussi bien des cours en ligne, des séminaires, des ateliers pratiques ou des formations diplômantes.
Pour être acceptée comme frais professionnel, la formation doit vous permettre :
- D’acquérir de nouvelles compétences utiles à votre activité actuelle. Un kinésithérapeute qui suit une formation sur une nouvelle technique de rééducation peut déduire 100 % des frais.
- De perfectionner vos connaissances existantes pour mieux exercer votre métier. Un développeur qui s’inscrit à un cours de poterie « pour le plaisir » n’est pas considéré comme valable par le fisc.
La facture doit être émise au nom de votre entreprise (ou à votre nom avec mention de votre numéro d’entreprise) et préciser le contenu ou l’intitulé de la formation. Les frais annexes liés directement à la formation (déplacements, documentation, supports pédagogiques) peuvent également être déduits, selon les mêmes conditions.
Frais bancaires liés au compte professionnel
Les frais que vous payez pour gérer votre argent professionnel sont eux aussi déductibles à 100 %. Cela inclut les frais de tenue de compte, les commissions sur virements, les frais de carte bancaire professionnelle, ou encore les intérêts liés à un prêt contracté pour votre activité.
L’important est que le compte soit dédié à votre activité professionnelle. Même si la loi n’impose pas d’ouvrir un compte séparé, c’est fortement recommandé : cela facilite votre comptabilité et permet de justifier clairement les mouvements d’argent en cas de contrôle fiscal. L’inverse serait intenable, car vous mélangeriez les dépenses privées avec les professionnelles. Nous vous laissons imaginer le temps que vous devriez passer à trier toutes vos dépenses à la fin du mois.
Pour justifier vos frais bancaires, c’est très simple : vos relevés bancaires suffisent, à condition que les frais soient identifiables et liés à votre activité.
Les honoraires de comptable, avocat, consultance…
Faire appel à des experts pour vous accompagner dans votre activité est non seulement utile, mais aussi déductible à 100 %. Cela concerne les honoraires de votre comptable, d’un avocat pour un dossier professionnel, ou encore d’un consultant en marketing qui vous aide à développer votre activité en ligne.
Pour être acceptée par le fisc, la prestation doit avoir un lien direct avec votre activité et avoir été facturée pendant l’année fiscale concernée. La facture, au nom de votre entreprise ou à votre nom avec mention de votre numéro d’entreprise, servira de justificatif.